Écrit par le 15 juin 2005.
Je suis Mangoat. T'aurais dû te douter que ça se passerait pas comme d'habitude. T'as vu ma gueule, t'as eu un bon aperçu de mon humeur quand t'as remarqué mes lèvres crispées sous les poils, t'as vu que je transportais ces pieds de bureau, et t'as quand même cru que tu pouvais me sortir ta technique habituelle. Merde, quatre gros pieds de bureau en fer, avec des fixations circulaires de douze centimètres de diamètre, parfaites pour couper un rôti en tapant fort. Quatre gros pieds de bureau d'au moins cinq kilos chacun, je vois pas avec quoi tu pouvais les confondre, à part peut-être une espèce d'arme médiévale, mais ç'aurait vraiment pas été moins flippant. Je comprends pas.
Faut avouer que t'as carrément pas eu de bol. Tu m'aurais fait ton cirque un ou deux jours plus tôt, t'avais droit aux sommations d'usage, à l'intimidation bon marché qui suffit généralement à forcer les connards de ton espèce à s'enfuir, en gueulant une ou deux insultes pour faire bonne mesure et servir de tuteur à leur virilité blessée. Je suis sûr que ça aurait marché sur toi, tu te serais cassé comme une merde en essayant de garder une contenance à laquelle, rien qu'à voir ta gueule ahurie, personne n'aurait cru. Mais c'était pas le bon jour, t'es mal tombé.
T'es même mal tombé deux fois, parce que quand tu t'es mangé la fixation circulaire en pleine pommette, t'as laissé s'échapper deux ou trois sens. Genre la vue, l'ouïe et l'équilibre. C'est rarement long, une vraie bagarre, mais là on peut dire que c'était carrément court. Je sais pas si je vais l'utiliser, mais j'ai quand même gardé le pied de bureau qui a fait cette marque si profonde et pittoresque sur ta face de con, parce que ç'aurait été débile de le laisser aux flics. Et puis compte pas trop sur d'éventuels témoins pour t'aider à étancher ta soif de vengeance par moyens légaux interposés, parce que malgré ma gueule, malgré le coup que tu viens de te manger, ces connards t'aiment encore moins que moi.
Je suis un loser pessimiste, mais je suis bien obligé d'admettre que, parfois, je gagne.
Y avait un commentaire ici, et il a disparu, parce que l'auteur n'avait pas rempli le champ "nom" et qu'apparemment Pivot n'aime pas ça. Désolé.
Écrit par Mangoat () (URL) le 16 juin 2005 à 17:26