Écrit par Forkboy le 26 juillet 2005. - deux commentaires.
"Un homme qui naît dans un monde déjà occupé, s'il ne peut obtenir des moyens d'existence de ses parents auxquels il peut justement les demander, et si la société ne peut utiliser son travail, cet homme n'a pas le moindre droit à la plus petite portion de nourriture, et en réalité il est de trop sur la terre. Au grand banquet de la nature, il n'y a pas de couvert mis pour lui ; la nature lui commande de s'en aller, et elle ne tarde pas à mettre cet ordre elle-même à exécution." Essai sur le principe de Population - Robert Thomas Malthus.
"Vous aussi, vous arrivez pas à vous connecter ?"
Le ton était inquiet. Il était 10h00 et pour beaucoup cela signifiait la pause café dans pas longtemps.
"Non tout va bien" dit l'un des interrogés un peu plus magnanime.
"Moi ça fait depuis ce matin et j'ai toujours rien" continua la malheureuse.
L'indifférence générale laissait présager que cette plainte ne s'arrêterait pas là et allait se poursuivre sans fin.
Un prestataire de l'entreprise se leva et sans le moindre regard pour la secourue lui dit:
"Je vais régler ça. Le raccourci a encore dû s'effacer."
Écrit par Forkboy le 12 juillet 2005. - sept commentaires.
"Il posera sa main sur la tête du bouc, qu'il égorgera dans le lieu où l'on égorge les holocaustes devant l'Éternel. C'est un sacrifice d'expiation. Le sacrificateur prendra avec son doigt du sang de la victime expiatoire, il en mettra sur les cornes de l'autel des holocaustes, et il répandra le sang au pied de l'autel des holocaustes. Il brûlera toute la graisse sur l'autel, comme la graisse du sacrifice d'actions de grâces. C'est ainsi que le sacrificateur fera pour ce chef l'expiation de son péché, et il lui sera pardonné." Lévitique IV
Il était là dans une indolence moite qui faisait perdre toute patience à ses interlocuteurs. Deux jours qu'il était arrivé et déjà, des rêves de promotion et de gloire professionnelle jaillissaient dans son esprit.
C'était un stagiaire banal comme on en embauche à la fin de l'année universitaire. Pourtant, il faisait déjà tâche à donner du "monsieur" ou du "madame" aux salariés de l'entreprise. Son unique complet sans veston était trop grand comme les habits d'enfant que l'on achète surdimensionnés pour anticiper une future croissance et ses cravates étaient trop voyantes pour avoir été prévues à un usage quotidien.
Le premier qui fit la remarque fut le responsable logistique qui entra dans le bureau et en refermant la porte glissa un "vous avez parlé avec le stagiaire ?"
Beaucoup de "non" vinrent confirmer que plusieurs personnes pensaient qu'il était aberrant de ne pas se fier à ses premières impressions en se limitant à l'accoutrement de l'intéressé. Mais pour les autres, une malsaine volonté les fit sourire et attendre le développement de l'intervenant.
"Il est débile ! Il a voulu me faire sortir des factures de 2003 !"
Quelques onomatopées vinrent ponctuer la brillante démonstration dont tout le monde adhérait déjà à la conclusion.
"En plus, il arrête pas de parler. Il dit qu'il vient de faire un 'mémoire'. On a envie de lui dire 'ta gueule, un peu !' "
Cette dernière phrase avait été dite sur un ton rageux et ne laissait place à aucun doute quant à la désignation du nouvel ennemi commun que l'on avait désigné.
Son sort était désormais réglé, plus personne ne mangerait avec lui.